Le blog de Laurence Benaïm

Le 01 Déc 2011, par Karine Porret

Blanche Isabelle

  • ©Pascal Victor

Au théâtre de l’Odéon, la reprise d’Un Tramway nommé désir par Krzysztof Warlikowski, spectacle phare de l’an dernier, fait salle comble cette fois encore. Même si cette adaptation, par la coqueluche des scènes européennes, use et abuse des références (extraits de la Jérusalem délivrée ou du Banquet de Platon, blague de Coluche)-, ce qui alourdit la pièce et lasse un peu. Car il y a, dans ce voyage au bout de la folie, des moments extraordinaires. Et surtout, il y a Isabelle Huppert. Dans le rôle de Blanche Dubois, elle est juste inouïe, jusqu’au bout d’elle-même. Dès la première scène, elle s’offre en pâture, en équilibre sur un tabouret au centre de la scène, déjà au bout du rouleau, déjà en manque, la langue pâteuse, le corps secoué de démangeaisons, se triturant les seins, le sexe. Et puis tout au long de la pièce, sublime, offerte, se collant contre les parois vitrées du décor, tel un insecte cherchant en vain à s’échapper, prenant des bains pour calmer ses nerfs, passant d’un instant à l’autre de la petite fille capricieuse à la folle hystérique, tour à tour lucide et terrorisée, méprisante et insupportable, séductrice, perdue.

"Un Tramway", d’après "Un Tramway nommé Désir" de Tennessee Williams, mise en scène de Krzysztof Warlikowski, avec Isabelle Huppert, Andrzej Chyra, Florence Thomassin, Yann Collette, Renate Jett, Cristian Soto. Jusqu’au 17 décembre 2011 au théâtre de l’Odéon, Paris 6ème.

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