Le blog de Laurence Benaïm

Le 22 Jan 2009, par Laurence Benaïm

AU PIED LEVé

  • DEVI KROEL, printemps-été 2009

    DEVI KROEL, printemps-été 2009

Impossible d’ouvrir (Normal). Ca se passe comme ça chez Microsoft Office Online, sur cet ordinateur qui m’envoie plein de signes, des anti-virus périmés et des spams de psy en ligne, des propositions de collaboration en tout genre : articles, attachée de presse, commerciaux, ultra doués en définitions des best practices, superheroes en matière de respect de plannings, excellant par ailleurs dans le workflow des anomalies. Ce matin, au journal, pas de mail, pas de téléphone, pas d’électricité, c’était bien, on en a profité pour parler. L’électricien arrivé après trois heures d’attente, a déclaré que la panne intermittente n’était pas détectable. On continue à recevoir des vœux. Des signés, des anonymes, des collectifs, des imprimés. Des bien intentionnés. « Chère Laurence, soyez gourmande en 2009 ! Et dévorez chaque instant de cette nouvelle année ! » (Christelle, de Dalloyau). On voudrait pourtant bien que 2009 qui n’a pas encore vraiment commencé, s’éloigne, arrête de nous entortiller au passage dans toutes ses courbes maléfiques. Rien que pour sentir les lignes bien droites de 2010, se caler entre les dosserets de 2011 et commencer à s’amuser en 2012. A ce ciel de déluge, la crise renvoie ses prophéties noires, que masque l’implacable rituel. Les défilés homme. Puis les pré-coll. Puis la haute couture de l’hiver 2009-2010. On fait comme çi, on fait comme ça, les nuages, en se brisant, déversent leur lots de nouvelles grisâtres : « Tu as vu le Elle de la semaine dernière, comme il était fin ». « Non mais cette crise, c’est comme une pieuvre.. » Des clients russes annulent leurs commandes. Des maisons se retrouvent avec des robes sur les bras, et des crédits dans le dos. Michelle Obama et ses souliers Jimmy Choo immaculés danse sur un volcan au dessus de la lune, au dessus des étoiles, dans le ravissement du monde. C’est le regard que Barack Obama porte sur elle qui la rend si belle. Ma fille ne dort pas, elle dit qu’elle attend son train de rêves. Il lui faut une bougie, une potion à la fleur d’oranger. Les livres parfois nous appellent. La nuit renaît dans le souffle d’une page, d’une ligne, d’un mot. « La lune rouge qui émerge, semblable à un œil exorbité Qui roussit l’obscurité du ciel, ne s’étonne pas de sa propre désolation. Un chat Somnole sur un mur. Il somnole et respire. Sans plus. Chaque nuit Le vent souffle en tourbillonnant sur les forêts et les collines. Il tourbillonne Continuellement Il souffle. Sans réfléchir et sans protester. Toi seul, poussière et humeurs, Tu écris et effaces tout la nuit en cherchant une raison, une manière de rectifier (Adagio, in Seule la mer, Amos Oz) Je vous laisse. Alber au téléphone. « On fait des recherches. Mais on n’est pas des scientifiques ».

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