Le blog de Laurence Benaïm

Le 13 Mai 2009, par Laurence Benaïm

Alaia Fever

Coup d’envoi des festivités à Cannes. Paris fait ses valises, inondation de courriels. Shu Qi porte des bijoux Cartier, Isabelle Huppert porte une robe Giorgio Armani. Déjeuner chez Azzedine Alaïa, qui arrive, fidèle à son costume chinois noir. Sa cuisine est un château atelier au fond d’une caverne royale où paradent corsets de cuir, sacs de galuchat et chemises de popeline coupées d’une main de maître.. La somptueuse Rossi de Palma arrive avec son chapeau et ses créoles argent, cette présence qui flanque tout par terre. Fait claquer l’éventail qu’elle a signé pour Louis Vuitton. Nous montre sa série Couture signée Rufen Afanador. Entre les asperges mimosa et le poulet macéré toute la nuit, on parle du scandale du Metropolitan Museum, de Stephanie Seymour, Naomi Campbell, Linda Evangelista, qui ont renoncé à la soirée d’ouverture de l’exposition « Model as the Muse » placée sous la houlette d’Anna Wintour, la directrice de Vogue USA. Plutôt que de porter les robes d’un autre, elles ne sont tout simplement pas venues. Et pour cause. Azzedine Alaïa ne fait pas partie des couturiers représentés dans l’expo. Motif officiel du musée : Monsieur Alaïa n’aurait pas accepté de faire partie d’une exposition de groupe. Mais lui a-t-on seulement demandé ? La tatin fond dans nos palais. Madame Colette arrive, avec ses épingles, dans cinq minutes l’essayage. Rouge et noir flamenco pour Rossi, qui a le dernier mot : « Le problème, c’est quand on devient on propre personnage ». On passe de l'autre côté du miroir. Azzedine Alaia est au travail, héros d’un métier dont il a fait son trésor. Sa force absolue. Et qu’elles lui renvoient toute avec cet amour qui mérite d’être salué, dans un monde qu’on dit plein d’infidèles.
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