Le blog de Laurence Benaïm

Le 16 Oct 2008, par Laurence Benaïm

Aligato Alligator

  • Pochette

    Pochette "Flèche d'Or" en alligator mat, HERMÈS.
    ©DR

Onze heures moins deux avenue Marigny. J’ai rendez vous avec Pierre Cardin. Coup de téléphone de Jean Paul Enthoven, pour me remercier du « charmant dîner », et me dire qu’il faut absolument que j’écrive la biographie de Karl Lagerfeld. Chaque soir, je me plonge dans « Ce que nous avons eu de meilleur » (Grasset), comme dans un jardin d’orangers et de souvenirs qu’embaument les évocations de Thalita Getty, Maurice Ronet, Lewis, Ariane, Sucre d’Orge ou Bébé d’Alcantara. J’aimerai être à la hauteur de ses héroïnes, de ces femmes dont il dit qu’elles sont « des artistes du secret ». Non,  je ne m’y vois vraiment, mais vraiment pas. D’abord, parce que ce sera impossible, et que cette raison est suffisamment détestable pour évacuer toutes les autres, je veux dire, les plus humblement personnelles. Devant moi, Cardin, passe, pantalon gris, veste à boutons dorés, avec des clés de voiture, et disparaît. Jean Pascal H, le directeur de la communication de Cardin, vient me saluer, alors que Jean Paul E me redit « Tu auras cinquante mille raisons de ne pas le faire… ». Cardin réapparaît, et Jean Pascal va lui garer sa voiture.

Dans l’antichambre encombré de livres (« Aménophis, prince du désert », « le premier Paris-New York), de vieux halogènes, et de trois personnes attendant depuis 9 heures une audience,-dont un artiste-,  je regarde mon Blackberry, et Monsieur Cardin vient me chercher. L’entretien durera une demi-heure. Il a 86 ans, je reste fascinée par l’énergie de ce conquistador du futur permanent, sans doute milliardaire, qui vit «dans un rez de chaussée » et se demande pourquoi il ne profite pas de tous ses domaines, tous ses châteaux, celui du marquis de Sade, sans oublier le palais Bulles, un autre à Venise, et tout ce qu’il possède autour de l’Elysée, où il a vu passer huit présidents. Autour de lui, un fatras d’images et de poussière, derrière les vitres un peu sales, on aperçoit la place Beauvau. Affranchi de tout, il possède plus encore, et me parle de l’essentiel, ses rencontres, les hommes qu’il admire, de Gandhi à Fabrice Lucchini, un self made man, comme lui. Nous nous quittons chaleureusement.

À quelques pas de là,  la maison Hermès présente sa collection d’accessoires et d’objets printemps été 2009. Sur les étagères immaculées, les sandales vernies « à tomber », nous accueillent comme des trophées, on rêve éveillé, devant ces mitaines en agneau glacé et ces pochettes d’alligator kiwi dont le fermoir , en s’ouvrant, révèle un miroir : c’est le clutch « Flèche d’or ». Sac Pursangle 35 en taurillon Clémence,  sandales en chèvre velours, ceintures de veau Epsom ou Chamonix, mini jeu d’échec en veau Tadelakt et chèvre Mysore avec pions de buis, petit carré « les poèmes du mandarin », pouf en veau Swift, on a même l’impression de devenir riche en prononçant ces mots sésame, tant le luxe dont ils sont les messagers a quelque chose d’entêtant, plus moelleux encore que cette étole « Plume Sunrise » en cachemire et soie, qui serait parfaite pour une sieste à la Zahia. Les nouveaux carrés coulent sous les doigts, ils sont en jersey de soie. « Ça casse le côté stiff du foulard Hermès » commente une rédactrice de Elle,  alors que pensives, nous repartons, après avoir demandé le prix de la cravate en croco azur : 4800 euros. On nous offre dans un sac orange, un petit set de post-it griffés, et le catalogue illustré d’aquarelles. Petite halte place de la Madeleine pour la présentation Ralph Lauren. Puis, à la Fontaine Gaillon, je retrouve sous un ciel aux reflets d’aigue marine et de nacre, Nathalie Bader, la sémillante présidente de Fred, pour un déjeuner de soleil : « Ma Svectrine, c’est la gamme Force 10 ».

L.B.

www.hermes.com

hitorique du blog de Laurence Benaïm

Stiletto 224, rue Saint-Denis, 75002 Paris - Tél. : + (33) 1 47 20 26 55 - Fax : + (33) 1 42 60 03 08