Le 31 Aoû 2009, par Laurence Benaïm
J’ai tellement d’amis qui ont eux aussi tant d’amis, que lorsqu’ils dïnent ensemble, ils ne peuvent s’empêcher de parler à d’autres amis, via leur i phone ou leur blackberry. On trinque, ils chattent, une conversation s’enlise, ils s’effacent derrière leur écran, et quand ils reviennent, on dirait qu’ils sont encore ailleurs, alors on trinque encore pour traque leur attention. Ils sont là, mais ils sont ailleurs. Et ailleurs, ils sont toujours connectés, ils vous répondent tout de suite. A cette grande chaîne de l’amitié électronique, cette glorification globale du « on » relayée par les campagnes publicitaires mettant en avant des groupes plus que des individus ( SFR, GAP), on pourrait opposer la solitude des fraudeurs recherchés par Bercy, les fameux 3000 contribuables détenteurs de comptes en Suisse. Les premiers veulent tous se faire reconnaître, les seconds se cachent. Dommage que ces derniers aient le monopole de l’ombre. Si les fraudeurs doivent être sanctionnés, je dois dire que cette ambiance de chasse aux sorcières me met un peu mal à l’aise. Si on n’accepte pas d’être sur Facebook, sera t-on bientôt soupçonné d’être antisocial démodé, un affreux individualiste capitalo-réactionnaire ?
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