Le 09 Avr 2009, par Laurence Benaïm
Il y a des gens qui me donnent envie de leur jeter mes chaussures à la figure. Mais le problème, c'est que j'aime trop mes chaussures. J'ai mangé mon dernier sandwich aujourd'hui, mais c'est peut être hier qu'il fallait arrêter. Des histoires trottent dans ma tête. Au dîner "mode, design et photo", donné par le ministre de la Culture, je me suis régalée en compagnie d'Olivier Saillard, qui publie un livre à la rentrée sur quatre decennies de commentaires de défilés. Avec Arik Levy, nous parlions de la méditerranée, et de ceux qui cherchent l'ombre au soleil, en croquant leur boulou. C'était la vraie première soirée de printemps. Le Palais Royal semblait surgi d'un tableau. Les mannequins à bosses de Comme des Garçons, les mariées de Yohji Yamamoto, les marins de Jean Paul Gaultier, resteront dans nos coeurs comme des fétiches que rien ne pourra détruire, même si tout flotte aujourd'hui à la surface de quelque chose où nous nous perdons, dans l'immensité d'une vague qui nous emporte, et nous ramène au meilleur de nous mêmes, là, dans ces regards, ces confidences borderline, les yeux de Nan Goldin: "because you understand".
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