Le 09 Mar 2009, par Laurence Benaïm
Défilé prêt-à-porter YVES SAINT LAURENT, Hiver 2009, Paris
La collection Yves Saint Laurent automne-hiver 2009 au Palais de Tokyo
Une robe coup de crayon en cuir, comme un coup de cravache dans l’espace. Le ton est donné. Avec son défilé Yves Saint Laurent automne hiver 2009-2010, Stefano Pilati remet sur un piédestal une certaine idée de l’allure, de la ligne tendue jusqu’au vertige, au bord du déséquilibre. Liturgie chirurgie pour un blouson de cuir noir glacé, des jupes à taille haute coupée dans des tissus de tailleur pour homme, comme la flanelle. Abécédaire d’une nouvelle Belle de Jour haute tension sans apprêt ni prothèse. Pas d’effet, pas d’anecdote, juste un vestiaire sur le fil du rasoir, dos à double pans formant une accolade, au bord du vice et de la vertu. Eloge bunuelien de l’uniforme qui n’a jamais été aussi radical que dans sa version la plus appuyée, millimétrée, poussant l’érotisme dans la naissance d’un col, le boutonnage d’une chemise aux plis amidonné. Maîtresses femmes on the wild side. Uniformes au service du singulier, du beau admis comme un complice du bizarre, de ces rituels obsessionnels. Ces madones aux lèvres carmin semblent investies d’une force extrême. D’une confiance qui les fait avancer, mains dans les poches dans un manteau de soie cloqué, esprit en tête, paré contre toutes les atteintes, offerts à tous les possibles. L’expression se condense, le trait s’épure. Jeux de découpages sur la peau. Plastrons de popeline, manches de prélats, effets de surplis : les emprunts au vestiaire clérical, présents dès la première collection de Stefano Pilati sont ainsi détournés en direction du plus solennel des appels au désir
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