Le 02 Mar 2009, par Laurence Benaïm
Défilé Prada, automne-hiver 2009-2010
Punk rock : c’est le sésame d’une saison, où le cuir perforé colle au corps des bikeuses de Milan, jambes gainées de cuissardes, donne parfois des mauvaises idées aux rédactrices du premier rang, toutes à l’obsession d’être à leur tour les héroïnes d’un gothic glamour revival. Noir c’est noir. Et Giuseppe Zanotti dédie sa collection à Uria Heep, tandis que Jimmy Choo fait appel à la mémoire de Siouxsie Sioux et de Debbie Harry. Mini jupe en cuir à rivets, perfecto lamés, leggings de lurex, boots pointues au plateau gainé de cuir, forment l’essentiel d’un rêve sur ordonnance : se projeter au début des années quatre vingt, même si entre temps la rébellion s’est muée en stratégie de communication. Les années Thatcher sont loin, mais il est toujours bon d’être contre, au moins ça fait jeune.
Le futur s’avance à reculons, comme en témoigne le défilé-performance de Miuccia Prada. Dans son antre de la via Fogazzaro, dont une partie avait été transformée en un ring quadrillé par des rambardes métalliques, la tension était déjà très intense, sur les gradins de bois, lorsque surgirent les premiers modèles. Visages pâles aux yeux pailletés de rouge, chignons crêpés et défaits par la tourmente, avançant avec des shorts en grosse laine et bottes de pêche sur la moquette gris souris. Pour elles, des tailleurs masculins coupés dans des laines bouillies, feutrées, juste ceinturées d’un trait de cuir. On aurait dit des princesses allant au bal, et se retrouvant soudain au cœur de la guerre. Les jambes nues, les sacs de médecin, rappelaient les ambulancières de 14-18, frileuses et altières sous un manteaux d’officier blessé au front. Avec au final, une incroyable parade de robes en cuir brodées façon gladiatrice des nouveaux temps modernes.
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