Le 04 Oct 2010, par Laurence Benaïm
© Céline
Dimanche après midi. Vent chaud sur la capitale, l’été revient, et à la sortie du défilé Céline, tout le monde a l’air trop habillé. «Lean & Loose», tel est le message de Phoebe Philo, dont les marinières amples découpées au laser, les vestes de judoka, délivrent en moins de 30 passages et cinq minutes de défilé, le message le plus concis de la saison. Du blanc, de l’ampleur, quelques a-plats de couleur, pour pimenter ce défilé en forme de retraite spatiale pour corporate girl en brain storming dans un jardin zen. On se disperse. Rendez-vous au show-room de Paul Smith, un bain de fleurs et de mousseline domptées par une main tailleur, le parfait équilibre, «with a twist».
Paris s’offre un bol d’air printanier, il fait si doux, d’un show-room à l’autre, on danse dans ses petits souliers, comme si le week-end avait dispersé un peu la masse des «bloggeurs» traquant la moindre apparition, pour la numériser, dictature molle des talents imprécis, ni tout à fait photographes, ni tout à fait fashion editors, mais juste là, tous focalisés par le même rêve. Devenir célèbre en photographiant des anonymes. Au Costes, des commerciaux commandent encore leur avocat plein d’oméga 3; on ne sait plus qui est la serveuse, l’attachée de presse, la cliente. Le talentueux Benoit Meléart présente, entre deux concept shoes pour Lady Gaga, de jolis escarpins à bout sucette. Les talons redescendent sur terre, c’est la grande tendance. Au Salon Première Classe, Didier Ludot a l’air heureux «car les femmes riches reviennent, les Indiennes et les Russes.» Chez Paule Ka, Serge Cajfinger apparaît dans la pénombre, l’air traqué. Il revient de Dubai, où il s’est fait attaquer par un poisson pierre, le visage est imbibé de poison, les vêtements sont là, "silhouettes versatiles, couleurs joueuses, trapèze sportif". Rien ne va plus "les jeux sont faits", dit le communiqué.
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