Le 02 Déc 2011, par Laurence Benaïm
Cuissarde de daim noir ornée d'une broderie de perles et de plumes par Lesage. Talon "can-can". Roger VIVIER Paris. 1987. Adjugé 6 375 €TTC
François Lesage est mort hier. Je devais aller le voir à l’hôpital, le temps m’a encore joué des tours et je me souviens de lui, au milieu de ses paillettes d’or illuminant une rencontre, ce devait être en 1987, dans son atelier de la Rue de la Grande Batelière, aux murs punaisés d’échantillons, de photos, de lettres. Il m’avait dit « On est passé d’un luxe de music hall à une opulence d’opéra ». Cette année là, le Fashion Institute de New York lui rendait hommage. Je me souviens des tiroirs aux étiquettes calligraphiées, veloutine or, étincelles, aquamarines, des Iris de Saint Laurent, fleurissant le cardigan le plus cher du monde, soixante coloris de perles de satin cousues une à une au crochet sur un organza. Il m’expliquait avec passion comme on donnait un « effet peinture au couteau » en épaississant la broderie avec des rubans. Son atelier tenait de la cuisine, du coffre fort, de l’étude, avec toutes ces jeunes filles penchées sur leur métier. J’allais le voir souvent, il restera pour toujours Monsieur Féérie, avec ses blagues canaille et son côté titi de droite, homophobe, son côté chasseur français plein de contradictions qui le rendait unique, adorant plus que tous, les couturiers auquel il avait dédié sa passion. François un jour avait offert à ma fille un sac de « presque » diamants, et elle était repartie comme ivre de bonheur.
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