Le 16 Juin 2009, par Laurence Benaïm
A l’aéroport Ben Gourion, une jeune fille préposée à la sécurité d'El Al me demande si j’ai fait ma batmistvah, ou j’ai passé Chavouot. Je lui réponds que je ne suis pas religieuse. Paradoxe d’un Etat juif dont Tel Aviv est le centre nerveux, bourré de paradoxes qui font sa force, une ville tout en fragments, chaotique, boite noire de l'Orient, de l'Europe, de l'Amérique. Quoi de commun entre la Gay Pride, où cinq mariages ont été célébrés vendredi, et Bne Brak, à quelques kilomètres du centre, où mon hôte, dix enfants, une perruque, me montre cette ville dans la ville, sans café, sans restaurant, sans espaces vert, un shetl dans la fournaise, où l’étude de la Torah creuse les visages jusqu’à la pâleur extrême ? Sans doute, le plaisir d’être là, aimanté par ces forces contraires, qui rendent l’émotion plus palpable, les regards plus intenses, les instants plus forts. Là, avec Gil Marco Shani, Moshe Nino, ou Rafael Nadjari, traducteur de Derrida en hébreu, Haim Trabakman, le réalisateur de "Eyes Wide Open". Ils vont pas à la plage, ne croisent jamais ces juifs français, invités à fêter une barmitsvah dans un grand hôtel du front de mer, et que le repli communautariste, semble éloigner chaque jour d’un héritage invisible
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