Le 27 Juin 2008, par Laurence Benaïm
“The Demolition Party”, Jeudi 26 Juin 2008 au Roya
Il dit que son point commun avec les autres propriétaires de palaces, c’est que son nom commence par AL. C’est le Steve Jobs de l’hôtellerie française, un petit prince des technologies que les milliards n’ont pas plongé dans le coma de la retraite anticipée. Quand il parle de ses rêves, on dirait qu’il souffle dans un jouet à bulles. A la conférence de presse organisée pour la démolition party du Royal Monceau, qui réouvrira ses portes en juin 2009, il nous parla de la nouvelle géopolitique financière, de l’art contemporain, du luxe, de notre besoin d’amour. C’était Gérard Philippe sortant d’un roman de Houellebecq relu par B Easton Ellis : « J’ai appris à voir la France dans les yeux des Chinois, des Indiens, des Américains. Ils la voient comme une belle jeune fille, et nous, comme une vieille épouse ». Il raconta son coup de téléphone à Philippe Starck, la gentillesse des hommes d’affaires du Qatar qui le dépannèrent, en pleine crise des sub-prime, il ne révéla pas la chambre témoin, mais annonça des suites privées avec studio d’enregistrement, du « curator » qui fera désormais partie du personnel, du spa chauffé à l’énergie solaire et du bilan CO2 donné aux hôtes avec la facture, des limousines à moteurs hybrides et des surtaxes pour les bains… Le Royal Monceau s’adonna à tous les happenings du soir : moteur Yamaha en action dans un bain pour Wang Du, photos et bulles pour Jean Pigozzi, cheval de bois dans un espace transformé en équation par Xavier Veilhan… Ce fut le mur de Berlin dans le Loft, la Star Ac du happening breveté par les officiels de l’avant-garde, faisant de l’art contemporain un buffet culturel en libre service pour gloriettes de la start up et rois de l’événementiel en fin costume noir. Des filles s’embrassaient dans les escaliers au milieu des décors, sorte de mikado de bois de chantier ripoliné à l’orange Easy Jet et formant des Arc de Triomphe au dessus des visiteurs et des photographes coiffés d’un casque de chantier ; Il y avait là Jack Lang, et autour tant d’artistes en devenir !! C’était le temps retrouvé de l’impro avec G.O, la boulimie des performances, radio libre et la fête de la musique, les chroniques d’Olivier Dahan dans Libé, le champ et les strass, un cortège de faux Pacadis au milieu des belles de nuit en mini Balenciaga qui s’écriaient en rentrant dans une chambre défoncée : « C’est destroy, j’adore !.. » Jean Pigozzi répondit à mon mail, mais j’étais déjà dans la voiture. Trop tard. Dans la cour du lycée Auguste Renoir, Le Bal Magnum, une immersion bon enfant dans un autre temps retrouvé, les années soixante soixante dix, avec photographes aux cheveux gris, chemisette pour faire la fête, belles métis dansant à la lumière des lampions. Je saluai Marc Riboud, magnifique, princier filant dans sa voiture avec chauffeur. Autre temps encore, que celui de Paul Smith, donnant son dîner chez Julien, où avec mes fashion camarades nous évoquâmes Milan, les rumeurs, Paris, le calendrier des défilés, avec les « hommes », ceux de l’été, de l’hiver, on ne sait plus, après une certaine heure, la haute couture, la joaillerie, les insignes d’officier de la Légion d’honneur à Giorgio Armani. Et Colette qui se transforme, travaux oblige, en supérette mobile !!! Je retrouvai Alber Elbaz, un peu plus tard, avec Ophélie Winter, Christophe Robin, et Virginie Mouzat, le dîner marocain était fini, mais il restait le plaisir d’être là, avec eux, dans les fous rires qui sont en toute saison nos couvertures de cachemire.
L.B.
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