edito

Deux femmes.. Maria Grazia Chiuri chez Dior, dont le tee shirt "We should all be Feminist", est le best seller de Colette qui fête d'ailleurs ses vingt ans ce lundi aux Arts Déco.. Et maintenant Clare Waight Keller chez Givenchy, celle dont les blouses et les robes du soir de Chloé si vaporeuses qu'elles semblaient faites pour être portées pieds nus, annonce son arrivée chez Givenchy. Et si la mode en se féminisant, descendait de son piédestal? Si elle troquait ses cracboumhue dresses contre un peu de prêt à vivre, celui qui sait habilement trouver la note juste entre le beau et l'utile, le rêve et la fonction? Evitons les caricatures. Et si le temps de la mode redevenait une promesse, une invitation à durer, à construire, à offrir du temps?  Soudain, il me vient comme une pensée pour ces créatures au corps sveltes, que les vêtements conçus par d'autres femmes ont habillé jusqu'au bout: "Connie Wald, vêtue de l’un des nombreux tailleurs Chanel déployés cet après-midi-là, en l’occurrence un tailleur en tweed bleu et crème à lisérés en soie rose cyclamen. C’est Connie qui avait offert à Quintana l’une des deux longues robes blanches qu’elle porta à l’église et ensuite. A quatre-vingt-dix ans passés, jusqu’au moment où elle déclara une neuropathie, Connie nageait encore tous les jours. La maladie la força à réduire son régime quotidien de longueurs de piscine et à ne plus faire seule le tour de Beverley Hills au volant d’une vieille Rolls-Royce, mais pour le reste elle continua à mener exactement la même vie qu’avant. Elle portait toujours les robes Claire McCardell qu’on lui avait offerte quand elle était mannequin" (Le Bleu de la nuit, Joan Didion, Grasset, 2013)