"Yves Saint Laurent est l'homme qui a croisé le regard des femmes bien avant de les connaître, il est devenu leur regard"
Extrait de la préface de la nouvelle édition du Yves Saint Laurent, par Laurence Benaïm, parution le 9 mai 2018. .

Yves Saint Laurent est l'homme qui a croisé le regard des femmes bien avant de les connaître, il est devenu leur regard. Il a été le premier sans doute à exprimer à travers son métier le désir sous toutes ses facettes, de la domination à la soumission, au delà des vieux clichés de l'érotisme. Tout chez lui relève de la sincérité comme de l'artifice, car irrigué par ce coeur rouge passion. Le rouge d'Yves Saint Laurent, ce n'était pas un red carpet par des créatures en noir qui se ressemblent toutes à force d'avoir été lissées, uniformisées, c'était le rideau de velours du théâtre de la nuit, c'étaient des baisers coquelicot qui laissaient des traces partout, sur les joues, sur les coupes de champagne, dans la tête. C'étaient ces fêtes sans selfie où chacun était à la possible démultiplication de lui même. Héros, héroïne donc, ange-démon, unique, mais de tous les siècles et de tous les sexes. YSL ou le royaume des  fantômes de la liberté, cris, chimères, caresses d'ombre, manchettes d'esclave et divines de la cinémathèque, vertiges des damnés.  Yves Saint Laurent demeure l'habilleur non répertorié des huis clos, soirées mystère et autres murder parties que facturent désormais les sociétés spécialisées dans l'organisation de jeux de rôles.  Il a lu dans le coeur des rousses, ses chastes déesses au buste d'éphèbe sont celles qu'il dessinait, adolescent à Oran, rêvant de ces créatures au "maquillage violent" apparues chez Dior, entre 1958 et 1960. Ses fauves, ses serpents, les yeux couleur d'abîme" extrait de la préface de la nouvelle édition du Yves Saint Laurent, par Laurence Benaïm, parution le 9 mai 2018. .