edito

C'est un jeune homme de 90 ans.  Sa vie est associée à celle d'Audrey Hebpurn, de Cristobal Balenciaga, deux personnalités qu’il continue de célébrer en 2017 à travers des expositions, de la Haye à Morges en Suisse, et aujourd'hui à  à la Cité de la Dentelle et de la mode de Calais . “Avec les tissus, nous faisons ce que nous pouvons. Balenciaga, lui fait ce qu’il veut”, disait Christian Dior. Hubert de Givenchy a connu les deux couturiers. Il a failli travailler pour le premier qui lui demandait d’être dessinateur.  Et gardé une admiration absolue pour le second, "l'architecte".  Il doit à ce dernier  le sens de l’épure : “Hubert, une robe doit suivre le corps de la femme et pas le contraire”. Les années ont passé, la croix de bois de Cristobal à la tête de son lit, une vie dans des robes, et des amies pour les porter, celles qui aujourd’hui, de Judith Pisar à Olympia Weiller acceptent de prêter leurs atours, alors que cette année, les expositions se multiplient à une cadence inédite : “To Audrey with love” organisée au Gemeentemeuseum de la Haye  -où plus de 100 000 visiteurs se sont rendus. Après “Sur les traces d’Audrey Hepburn” à Morges en Suisse, le voici à l'honneur dans cette ville du Nord où une ombre a revoilé la ville: 32000 personnes travaillaient dans la dentelle en 1900, elles ne sont plus que 1000. Le charme est là: 80 tenues issues de garde robes privées ainsi que des archives de la maison qu’il a créée en 1952, avant de la quitter en 1995. Hubert donc, aussi discret que son goût est sans faille. A l'image du fourreau d’Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s, de la blouse Bettina (1952) comme de la robe de deuil de Wallis Simpson, ou des atours crées pour  Jackie Kennedy en visite à Versailles. (1961). Des traits de fusain pour des femmes qui ont appris très jeunes, à se tenir droites, immensément Givenchy. A son image.

Hubert de Givenchy. Cité Dentelle Mode, jusqu'au 31 décembre 2017. Photo: FRED COLLIER, VILLE DE CALAIS