edito

"D'abord l'essentiel, l'évidence : la rétrospective intégrale des films de Roman Polanski aura bien lieu à La Cinémathèque française, à partir du 30 octobre, en sa présence et avec la participation de nombre de ses collaborateurs.Annoncée dès le printemps dernier, puis détaillée dans notre programme d'automne paru en août, cette rétrospective n'a fait l'objet d'aucun commentaire particulier, sinon un engouement du public perceptible dans les réservations, jusqu'à ces derniers jours où certains exigent une censure pure et simple, à laquelle s'ajoute une vertueuse dénonciation de La Cinémathèque auprès des pouvoirs publics". En lisant ce communiqué signé Costa-Gavras, Président Olivier Assayas, Nathalie Baye, Bruno Blanckaert, Denis Freyd, Jean-Paul Rappeneau, membres du Bureau du Conseil d’Administration, Frédéric Bonnaud, Directeur général, que je salue pour leur détermination et leur engagement, j'ai comme l'impression que nous vivons à nouveau une drôle d'époque. Entre délations et rancoeurs, vieilles haines et ruminations, l'ordre moral qui semble sévir n'est que le lointain avatar de tout ce qui l'a précédé.  Alors je ne peux que continuer à retranscrire ceci. "Alors que Roman Polanski vit et travaille en France depuis plus de quarante ans, alors que ses films sont systématiquement soutenus par le CNC, dont le dernier en date D'après une histoire vraie, et représentent souvent la France dans les festivals internationaux (qu'on se souvienne du Pianiste, Palme d'Or 2002 et Oscar du meilleur réalisateur 2003, 7 Césars, d'innombrables autres prix), c'est tout naturellement que La Cinémathèque française lui consacre une rétrospective, offrant à un public jeune la possibilité de compléter sa connaissance d'une œuvre cinématographique majeure de notre temps, dans les meilleures conditions techniques et avec tout l'accompagnement critique nécessaire. Fidèle à ses valeurs et à sa tradition d'indépendance, La Cinémathèque n'entend se substituer à aucune justice. Son rôle de Musée du cinéma ne consiste pas à placer qui que ce soit sur un quelconque piédestal moral. Ceux qui nous reprochent cela ne mettent jamais les pieds dans nos salles et ignorent tout de nos missions de conservation et de transmission."  EN photo, les SABLES DU TEMPS d'ELLIOTT BARNES, POUR HUREL. Photo. Francis Amiand.