edito

Dans la bouche de Melenchon, le "Monsieur Fillon qui aime les beaux habits, va se prendre une veste electorale" n'est que l'ultime instrumentalisation de la mode, du vêtement, par un homme qui a fait justement de son nouveau look (la veste mitterrandienne versus roche de Solutré) l'étendard d'une posture plus terrienne, grisée par une envie de réussite hologrammée. " Les beaux habits" , les ennemis de la Reine, n'auraient pas trouvé meilleure formule pour dénoncer ce goût supposé du luxe, qui traine toujours avec lui quelque chose de coupable en France. Les beaux habits ont toujours tort. Et l'on notera au passage, la juxtaposition de la formule "les beaux habits" un brin provocatrice, avec celle, plus rude, de "se prendre une veste", carrément sagouine. Pour l'hiver, et si les politiques allaient choisir l'une de celles que propose Alessandro Michele, chez Gucci. Une euphorie pur tweed qui semble à des années lumière de cette ambiance guillotinesque semeuse de terreur et de menaces sans doublure. 

Gucci, hiver 2017