Pierre Bergé s'est éteint à 86 ans ce vendredi 8 septembre. Il laisse le souvenir d'un homme de combats et de passions. Libre. Celui dont le nom est sur les cartes d'invitations de l'inauguration des deux musées Yves Saint Laurent, l'un à Paris, l'autre à Marrakech. Et nous sommes tristes, émus de savoir qu'il s'en est allé. Parce qu'avec lui, la culture, les livres, le théâtre, l'opéra, s'imposaient naturellement comme un langage, comme une nourriture primordiale. Comme la promesse d'un lien avec tout ce qu'il défendait, les artistes en particulier. Parce qu'il s'emportait, parce qu'il disait qu'il fallait transformer les souvenirs en projets. Parce que lui qui ne montrait jamais ses sentiments, nous laisse orphelins d'un monde dont il était à sa manière le maître, l'apprenti sorcier, lui, venu d'Oléron, avec ses rêves et son ambition. Avant le "coup de tonnerre": cette rencontre avec Yves Saint Laurent en 1958. Et puis la fondation de cette maison de couture, en 1961. Avec lui, pour lui. Ensemble. Au nom de cette passion restée intacte, dont ces lettres à Yves (Gallimard, 2011), révèlent la force, irréductible au temps qui passe: « Les années passent, mais les sentiments nobles et généreux demeurent. Sans toi, je ne serais peut-être pas celui que je suis. Sans moi, je ne l’espère pas mais je le pense, tu ne serais pas ce que tu es. Ce grand aigle à deux têtes qui cingle les mers, dépasse les frontières, envahit le monde, de son envergure sans pareille. C’est nous. Et quand je dis nous, je pense avant tout c’est toi. Joyeux anniversaire. Pierrot la tendresse."

Pierre Bergé s'est éteint à 86 ans ce vendredi 8 septembre. Il laisse le souvenir d'un homme de combats et de passions. Libre. Celui dont le nom est sur les cartes d'invitations de l'inauguration des deux musées Yves Saint Laurent, l'un à Paris, l'autre à Marrakech. Et nous sommes tristes, émus de savoir qu'il s'en est allé. Parce qu'avec lui, la culture, les livres, le théâtre, l'opéra, s'imposaient naturellement comme un langage, comme une nourriture primordiale. Comme la promesse d'un lien avec tout ce qu'il défendait, les artistes en particulier. Souvent, il s'emportait, mais il ne perdait jamais le cap: en juillet encore, il disait qu'il fallait "transformer les souvenirs en projets". Parce que lui qui ne montrait jamais ses sentiments, nous laisse orphelins d'un monde dont il était à sa manière le maître, l'apprenti sorcier, lui, venu d'Oléron, avec ses rêves et son ambition. Avant le "coup de tonnerre": cette rencontre avec Yves Saint Laurent en 1958. Et puis la fondation de cette maison de couture, en 1961. Avec lui, pour lui. Ensemble. Au nom de cette passion restée intacte, dont ces lettres à Yves (Gallimard, 2010), révèlent la force, irréductible aux assauts du temps : « Les années passent, mais les sentiments nobles et généreux demeurent. Sans toi, je ne serais peut-être pas celui que je suis. Sans moi, je ne l’espère pas mais je le pense, tu ne serais pas ce que tu es. Ce grand aigle à deux têtes qui cingle les mers, dépasse les frontières, envahit le monde, de son envergure sans pareille. C’est nous. Et quand je dis nous, je pense avant tout c’est toi. Joyeux anniversaire. Pierrot la tendresse."