Edito

Il y a quelque chose de magique avec le temps, c'est la possibilité qu'il offre à tous ceux qui ont atteint le zénith de repousser leurs limites. Encore et toujours. Je garde d'un dîner aux Airelles,  le souvenir que la force des icônes est de se réinventer. Ou comment Pierre Gagnaire, trois étoiles au Michelin pour son restaurant de la rue Balzac à Paris, sait avec l'humilité d'un grand artiste, se défaire de toute l'aura qui le précède, pour surprendre, éblouir, toujours, en apportant sa touche à une cuisine italienne dont la force est liée à ses produits. Un peu de yuzu, certes, mais encore... Ou comment la magie nait de cette apparition, lui, le "plus grand chef étoilé du monde" ainsi élu par ses pairs en 2015, arrive, pour nous servir ce risotto au safran. Simplicité dans l'épure, dans le geste, dans le don. Dans ce plat couleur d'or, comme un soleil de nuit livré à nos papilles. Dans l'intimité d'un dîner organisé au coeur de ce grand chalet figurant en tête des meilleurs hôtels de montagne d'Europe et des plus beaux hôtels de montagne du monde. Nous sommes à Courchevel.  Dix ans après son intégration au sein de la Lov Hôtel Collection (devenue Airelles Collection), ce palace ainsi dénommé s'est offert un lifting. Au delà des 48 chambres et des suites, du Spa La Mer et du ski room XXL, ce qui surprend, c'est la manière dont Jacques Silvant,  directeur des opérations d'Airelles Collections,  renouvelle une identité. Sans rien défaire, pour tout parfaire. Pour donner de l'éclat à ce qui existe, à commencer par ce service, ces présences, cette attention sans laquelle le luxe ne peut exister. Et ce geste suprême de Pierre Gagnaire est à l'image de tout ce qui est ici mis en oeuvre, la fierté pour les uns et les autres de faire partie d'une famille. "Nos hôtels cultivent l'art de recevoir" affirme Jacques Silvant, parlant désormais de "Royal Palm des montagnes".