edito

Il y a quelque chose  d'extraordinaire avec Karl Lagerfeld, c'est sa capacité à fixer l'état d'une ville, en l'occurrence de Paris, à travers ses humeurs, ici ses gris couleur du temps. Au delà de la silhouette, plus étirée, se découpant, longitudinale, dans l'espace, il fixe l'éternité d'une histoire, celle de Chanel, concentrée en affiches, photos, livres, chez les vrais faux bouquinistes de ce décor "quai de Seine" reconstitué au Grand Palais, tout en organisant les jeux de miroirs tendus par la mondialisation: les Chinoises en goguette qui ici et là se photographient, deviennent d'emblée les héroïnes d'une histoire dont elles se réapproprient sans complexe les codes, du tweed aux galons brodés, en même temps que Paris, le temps d'un défilé s'adonne à ses propres selfies...