edito

C’est de 1678 que date le début de la construction de la galerie des Glaces : quatre ans plus tard, le 6 mai 1682, la cour s’installe à Versailles où « tous les courtisans, jusques aux moindres, se font une application particulière de voir le roi et d’en être vus dans toutes les occasions qui s’en présentent.Jamais un lieu autre que Versailles n’aura inspiré autant de jeux de miroirs dont la mode est l’héroïne principale. Maîtresse de Louis XIV dès mai 1667, la Montespan – que Mme de Sévigné tient pour une « Junon tonnante et triomphante » – use de sa toilette comme d’une arme pour rayonner : « Elle était tout habillée de point de France ; coiffée de mille boucles ; les deux des tempes lui tombaient fort bas sur les deux joues ; des rubans noirs sur la tête, des perles de la maréchale de L’Hospital, embellies de boucles et de pendeloques de diamant de la dernière beauté, trois ou quatre poinçons, une boîte, point de coiffe, en un mot, une triomphante beauté à faire admirer à tous les ambassadeurs. De ses huit grossesses, elle fera une mode : les robes battantes, dites à la Montespan, destinées à les dissimuler…À Versailles, la mode est devenue avant l’heure un instrument de communication : les coiffures à la Genlis, au Trésor royal, la cornette à la paysanne, le bonnet à la laitière traduiront bien les obsessions aux mille et une nuances. À Versailles, un jaune ne l’est jamais assez que s’il est précisément serin, souci, ventre de biche, et le vert, s’il est chou, d’eau, laurier, perdu, perroquet, pistache… Comment oublier les couleurs suie des cheminées de Londres ou opéra brûlé (à la suite de l’incendie ayant ravagé la salle de l’Opéra en 1781) ? Qui dit Versailles dit d’abord étiquette (une traîne de 5 aunes pour une duchesse, de 7 pour une petite fille de roi, et jusqu’à 11 pour la reine…), bientôt absorbée par le règne absolu de la frivolité. Caprices, insouciance, boucles en confidents abattus, plumes, diamants, rubans, diadèmes…