C'est bien sous ce titre, "Mysterious arrangements", emprunté à une citation de Joseph Conrad lors de son voyage au Congo en 1899, que Rupert Shrive célèbre sa cinquième exposition à Londres chez Serena Morton. Ou comment l'artiste revient à la peinture, à partir du collage et de la sculpture qu'il a tant pratiquée. C'est dans son atelier parisien que ce pur brit né à Norfolk en 1965 offre une exceptionnelle et singulière démonstration: oui à la peinture, oui à la texture, à la contrainte du cadre qui rend tout possible. A travers ce médium retrouvé, il met à l'honneur son regard, son sens des volumes et de la couleur brossée en traits heurtés, syncopés, cadavres exquis que n'auraient pas renié les surréalistes. Surgis d'une pièce de Bob Wilson ou d'un vaudeville africain, ces personnages sont à la fois des pantins et des figures tutélaires d'un pouvoir grimé, d'une comédie qui emprunte à Bacon comme à Goya tous les attributs de la déformation, tant leurs figures se composent et se recomposent devant nous, là un regard, ici un perroquet, des fleurs, des insignes militaires.. Ces torsions qu'il pratiquait en 3 D en utilisant tôles froissées et câbles électriques, n'ont rien perdu de leur force en étant couchées sur la toile. Les voici, tels les portraits d'une cour fantasque et déjantée, aux accents rocks et baroques. Courez y
Rupert Shrive, chez Serena Morton, 343 Ladbroke Grove, Londres. Serenamorton.com

Rupert