Un album, un concert à Paris, une composition musicale pour une pièce à la Comédie Française, une montée des marches à Cannes aux côtés de Jim Jarmusch pour le film "Only Lovers Left Alive"… Yasmine Hamdan enchaîne les projets. Rencontre avec une artiste qui efface les frontières.

Sur quel pied dansez-vous le matin? 
Je saute du lit et suis en général pleine d’énergie.

Qu’est-ce-qui vous élève? 
Tout ce qui suscite le désir et provoque en moi une réaction. Je suis facilement captivée par les choses qui m’entourent : une femme dans la rue peut m’attendrir, et les souvenirs de voyages de mes amis stimulent mon imagination. J’ai le luxe de pouvoir être à l’écoute de moi-même et bénéficie de beaucoup de moments de solitude.

Votre démarche artistique? 
Souvent je crée d’abord une mélodie puis me mets à rechercher les mots qui sonnent justes dans les différents dialectes arabes. Le sens est secondaire dans mon processus créatif. Je me nourris de divers genres musicaux et ne connais pas de limites culturelles ou géographiques. Composer une chanson, c’est comme me retrouver dans un jardin et cueillir des fleurs pour finir avec un bouquet unique.

Que signifie le titre de votre album, "Ya Nass”? 
C’est une façon d’interpeller quelqu’un en arabe, c’est une invitation au dialogue.

La musique a-t-elle un pouvoir fédérateur? 
Je ne sais pas, je ne mélange pas des dialectes en vue de rassembler les gens. Je compose un langage de façon organique, les paroles doivent épouser les mélodies. Mon travail est une forme de stylisme musical, relier une parole à un son comme trouver une chaussure à son pied.

Etes-vous utopiste? 
J’ai toujours évolué dans un environnement instable et rêvé d’un univers calme. Je me sens vivre dans le mouvement, j’en ai besoin pour survivre. Je déteste le cynisme et cultive une certaine naïveté.

Votre dernier coup de talon?
Je m’énerve tous les jours et surtout contre l’actualité au Proche-Orient.

À Beyrouth, on vous trouve… 
À Hamra, un quartier qui se trouve à trois minutes de chez ma mère. Cet endroit de Beyrouth-Ouest est très vivant, encore authentique on y chine et traîne dans des cafés qui semblent avoir résisté à toutes les guerres et autres accidents de l’histoire.

À Paris, on tombe sur vous… 
Chez Takara, un restaurant japonais situé au 14 rue Molière.
isaora.free.fr

Propos recueillis par D.H.

"Ya Nass", Crammed Discs, yasminehamdan.com
Yasmine Hamdan est en concert vendredi 7 juin à la Boule Noire, 120 boulevard de Rochechouart, 75018 Paris. laboule-noire.fr
Théâtre: composition et production de la musique de « Rituel pour une métarmorphose » de Saadallah Wannous, mise en scène par Koweiti Sulayman Al Bassam, du 18 mai au 11 juillet 2013 à la Comédie Française. comedie-francaise.fr