La mort d'Azzedine Alaia est un immense choc. Un coup de poignard dans le monde de la haute couture. Né le 26 février au cours d'une année dont il n'avait jamais révélé le chiffre, (les années quarante disait il officiellement), il s'est éteint ce samedi 18 novembre, laissant une oeuvre immense. Tranchée à vif. Sculptée comme ses robes de sculpteur. Alaia le géant qui savait couper le tissu et le tendre pour en faire des habits de déesse. L'Afrique qui a regardé l'Europe, l'Europe qui s'est éprise des sortilèges de l'Orient. Alaïa dans son immense maison atelier de la rue de Moussy, il vivait comme à l'intérieur d'une forteresse où tout le monde passait, de Kim Kardashian à Naomi Campbell, des artistes aux concierges, de tout ce qui faisait qu'aller chez Azzedine, c'était trinquer à la vie, à la folie, à la beauté absolue. Loin, et si près des mots de Manou Bia, sa grand mère maternelle, dont les bras lui servaient d'oreiller: "Si tu rencontres un président ou un roi, fais toujours preuve de respect, mais ne soit jamais impressionné", m'avait il raconté dans ce livre "Le Prince des Lignes", (Grasset, 2013). Magistralaia.

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