La Fondation Henri Cartier-Bresson expose l’œuvre fulgurante, intime et intense, de la photographe américaine Francesca Woodman.

Véritable météorite dans l’histoire de la photographie – elle s’est donné la mort en 1981, à l'âge de 22 ans - Francesca Woodman a pris sa place dans l’espace et le monde grâce à l'image: en effet, elle n’a pratiquement jamais représenté autre chose que son propre corps– “ainsi, je suis toujours à portée de main“, a-t-elle expliqué. Entourée de lambeaux de papier peint, de morceaux de verre brisé, sa présence fantomatique, parfois fragmentée, est mise en scène dans des maisons délabrées, des salles dépouillées, tels des autoportraits empreints de surréalisme, comme une partie de cache-cache avec l’appareil photo. La charge poétique de ces images, l’insolence de cette jeunesse représentée, évoque à tout jamais la question de l’identité et la fugacité du temps.

Francesca Woodman a réalisé ses premières images à l’âge de 13 ans seulement. À cette époque, le fait pour une femme artiste d’utiliser son propre corps pour son travail est sujet à controverse. Jusqu’à sa mort, neuf ans plus tard, elle aura constitué une œuvre d’environ 800 clichés, dont l’influence sur la photographie contemporaine est indéniable: “ce qui s’est passé, c’est que j’ai joué du piano pendant longtemps, surtout des variations, du Scarlatti, etc., a-t-elle écrit. La même chose se produit dans mes images.“ La Fondation Henri Cartier-Bresson révèle une centaine de ces tirages, vidéos ou documents signés de celle qui a eu sa toute première exposition individuelle il y a tout juste trente ans, dans une galerie du Massachussetts. Aujourd’hui encore, son œuvre dérange et fascine tout à la fois.

“Francesca Woodman, On Being An Angel”, jusqu’au 31 juillet 2016 à la Fondation Henri Cartier Bresson, 2 impasse Lebouis, 75014 Paris.
Henricartierbresson.org
Du mardi au dimanche, de 13h à 18h30, le samedi de 11h à 18h45. Nocturne gratuite le mercredi de 18h30 à 20h30.