L’AMERIQUE QUI N’A PAS FROID AUX YEUX

Edito

C'est celle qui nous est tombée sur la tête ce matin. A l'aube d'une nuit aux rêves tranchés net. Une Amérique dont le nouveau président, alors qu'il prenait officiellement la parole pour la première fois, semblait tenir à la fois d'un directeur de supermarché boostant ses équipes de vente, et d'un acteur remerciant la production, dans une parodie d'Oscars. Personne n'y croyait sauf lui. Sauf ce que raconte ce scrutin, charriant dans ses votes, les soupirs d'une élite dépourvue, et les applaudissements d'une masse privée de sa révolution numérique, de tous les passe droits dont béneficieraient les nantis. Trump qui fait fabriquer ses cravates en Chine et dénonce le dumping asiatique. Trump qui adore les femmes pourvu qu'elles aient l'air de ressembler à des poupées, Trump qui remet à la mode les années quatre vingt là où la série Dallas les avaient laissées, vulgaires, épaisses, violentes. Nous voici à l'heure des grandes failles. Cosmopolites contre néo natalo nationalistes. Vegan contre donuts. Pétasses gonflées d'hormones et de Botox  contre chastes suffragettes en chaussures d'homme. Une nouvelle bataille a commencé.

En photo: mules à mors Gucci, hiver 2016-2017